Les voeux de l’Amicale des corses d’Ajaccio: «Patch et Santata»

Par Harry Volta

À l’heure des traditionnels vœux de début d’année le communiqué de l’amicale des corses d’Ajaccio (amicala di i cortzi d’aiatch) a tout pour surprendre.

Après avoir souhaité «patch et santata  à tous les corses d’ici et d’ailleurs», le communiqué a brusquement changé de ton, s’en prenant au réseau de la diaspora corse ainsi qu’aux élus. «Voici plusieurs générations que nous sommes solidement implanté ici d’Aitach à Portitch’ en passant par Alat’ et franchement nous avons fait des tocs d’efforts pour défendre notre culture. Pour autant zemi i mal aimati.»

Poursuivant la charge, l’association developpe: «Sous prétexte que notre figatedd’ n’a pas la même couleur que dans le nord et que notre accent serait différent, ce qui est un argument complètement mertz’, nous ne semblons pas être reconnus par les corses comme faisant partie de la communauté nationale vivant aujourd’hui en exil».

Loin de rester dans la théorie, l’association relève qu’un de ses membres a récemment été stoppé au poste frontière de Bokognan’/Bucugnà car il n’avait pas réussi à prononcer «Marcangeli» correctement et poursuit: «il s’agit là d’acte ignominieux et vexatoire. Zemi cortzi come l’altri. A l’heure où les élus insulaires, qui d’ailleurs siègent à l’ambassade de corse à Aiatch  parlent d’un office du retour, rien ne semble fait pour nous. Veux-t-on réellement d’une diaspora corse à deux vitesses ?»

Et l’amicale d’enfoncer le clou: «Certes, nous avons une autre religion que la majorité des corses. Nous avons cru et croyons encore en Allah. Allah Orsoni. Mais à l’heure de la laicité, cela doit-il permettre à certains de nous exclure ? Nous le disons clairement, NON».

Contacté par nos soins, Edmond Simeoni s’est montré embarrassé: «C’est un épineux problème. Vous savez que je suis un homme de paix et de concorde. J’aspire à une corse ouverte et fraternelle faite d’une communauté de destin plurielle mais là franchement, les ajacciens, ça fait quand même quelques siècles qu’ils nous cassent les couilles».

Du coté des élus, personne n’a voulu répondre mais un élu de Castagniccia nous a confié en aparté: «C’est vrai qu’il y a un problème avec les ajassiens. On a voulu trouver un terrain d’entente. Nous nous sommes mis d’accord pour nous retrouver autour d’une bonne pulenda et de chants traditionnels pour aborder la question de leur intégration. De nombreux élus étaient prêts à un compromis historique. Mais quand ils sont arrivés avec une polenta de maïs en chantant l’ajassienne, c’est parti en sucette. Tout dialogue est désormais impossible.»

 

Par Harry Volta

 


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