Criant son nom depuis 6 ans, Daesh n’a toujours pas trouvé Alain Hacquebart.

Par Ferdinand Boisson

«S’il ne se fout pas de notre gueule, c’est bien imité !» C’est par ces mots qu’Abou Bakr Al-Baghdadi, numéro un de Daech donné pour mort par les médias autant de fois que Johnny Hallyday, nous a résumé ses recherches pour l’instant infructueuses, («mais on le trouvera, inch’Allah»), visant à mettre la main sur Alain Hacquebart, qui semble fasciner une génération entière de jihadistes depuis un certain nombre d’années. Un communiqué qui tombe à point nommé, tant les spéculations allaient bon train sur les raisons poussant les terroristes à crier le nom de ce citoyen lambda, inconnu des services de police, et qui selon ses propres dires «n’avait rien demandé à personne». De quoi donner une toute autre signification aux dramatiques évènements survenus en Europe depuis 2012.

«Hacquebart s’est amusé à donner rendez-vous à une bande de copains pour un concert de métal. Les mecs arrivent, rentrent dans la salle, crient son nom : personne ne répond, les gens continuent à danser comme si de rien n’était. Ca les a mis très, très en colère.»

En effet, là où nous parlons d’attentats, M. Baghdadi préfère le terme de malentendus. Charlie Hebdo ? «Hacquebart devait retrouver les frères Kouachi pour boire un coup au café dans le 11e. Ils se pointent : personne. Face à ce PMU désert, ils ont vu rouge, et sont montés dans le premier immeuble venu pour se défouler sur les occupants. Pas de chance : c’était la rédaction du journal.» Le Bataclan ? «Hacquebart s’est amusé à donner rendez-vous à une bande de copains pour un concert de métal. Les mecs arrivent, rentrent dans la salle, crient son nom : personne ne répond, les gens continuent à danser comme si de rien n’était. Ca les a mis très, très en colère». Le bowling humain sur la promenade de Nice ? «Ce plaisantin d’Alain invite un ami chauffeur de poids lourds pour regarder le feu d’artifice du 14 juillet avec lui, et à son arrivée sur place : personne ! Que des touristes, mais ce sacré Alain était introuvable, une fois de plus. A sa place, moi aussi ça m’aurait démangé le pare-choc !».

Même si son interprétation est séduisante, la version du grand manitou de Daesh laisse parfois perplexe. Interrogé, par exemple, sur les liens étranges entre sa barbe, sa tenue vestimentaire et le Coran posé sur sa table de nuit, d’une part ;et les malentendus que cette conjonction d’éléments pourrait créer, d’autre part, le grand manitou de l’Etat islamique se fait évasif : «Bien sûr, je lis, comme tout le monde. Aujourd’hui c’est le Coran, mais vous seriez passé hier, c’était le dernier Christine Angot. La djellaba ? C’est pour le style vintage, façon Bagdad, années 830. (Il nous montre sa barbe) Et celle-là…ben c’est juste parce que ça fait tomber toutes les minettes à Rakka ! (rires)»

Espérons que cette incompréhension sera levée rapidement par les pouvoirs publics, avec on l’espère une prochaine extradition de M. Hacquebart vers la Syrie. Le ministre des personnes âgées et de l’Intérieur, Gérard Collomb, est en tout cas catégorique : «Les Français peuvent dormir tranquilles, tout ça n’a rien à voir avec la religion : une fois que M. Hacquebart aura accepté de prendre un aller simple pour le Moyen-Orient, ses sympathiques amis nous foutront enfin la paix !»

 

Par Ferdinand Boisson

 


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