Antonio: garagiste, cuisinier, matelot et mécano à bord du Méga Express.

Par Harry Volta

De mère napolitaine et de père philippin, on peut dire qu’Antonio était prédestiné pour travailler à la Corsica Ferries.

C’est au moment de l’embarquement que nous le rencontrons. Il ne semble pas ménager ses efforts, courant dans tous les sens et hurlant: « A DESTRA LA MACCHINA, A DESTRA! ». Un passager prend le temps de témoigner à notre journaliste: « Mais qu’est-ce qu’il a à s’exciter comme ça, ce con? Bien sûr que je vais aller à droite vu qu’à gauche, je tombe dans l’eau »

Après le coup de feu, Antonio s’affaire à coller les fameux autocollants Corsica Ferries avant d’aller occuper son second emploi. En effet, Antonio est mécanicien de formation et c’est donc avec grand plaisir qu’il enfile sa combinaison blanche afin d’aller aider en salle des machines.

Il est maintenant 21h et Antonio, les mains encore pleine de cambouis, est appelé en renfort à la spaghetteria du pont 7.

Il renfile immédiatement sa tenue jaune et prend son poste. Sa spécialité, c’est la fameuse « Scaloppina alla milanese » qu’il prépare avec grand soin. À minuit après avoir donné un petit coup de main à la navigation « pour dépanner », comme il dit, Antonio va enfin gouter à un repos bien mérité.

Le lendemain c’est reveil à 4h du matin. Mais Antonio est joyeux car il va maintenant se coller à la mission qu’il préfère: celle de speaker.  Jovial, il se saisit du micro: « Bondjour, il est 4 ore 30, ni arrivourons à Tulone à 7 ore. Nous infourmons la gentille passengere kè la cafeteria du pont 6 est ouverte »

Et ensuite le voilà qui appuie sur le bouton qui va balancer dans toutes les cabines la fameuse 7ème symphonie de Salvatore Napolitano, célèbre compositeur mort du typhus à l’âge de 4 ans. Enfin vers 6h, c’est le moment de la jubilation pour lui. Une sorte d’exutoire. Nous le retrouvons allant de porte en porte vociférant « LIBERARE LA CABINA, LIBERARE LA CABINA! », tapant les poings serrés sur les frêles portes des cabines.

Cela n’est pas du gout de Dumé en partance pour des vacances au ski et qui se met à l’insulter: « Mais espèce de connard, déjà qu’on a du mal à dormir dans vos cabines pleine d’acariens napolitains en vespa, t’as en plus besoin de nous réveiller comme ça, abruti? Et coupe moi cette musique à la con, bordel! » Mais Antonio est déjà loin, le voilà à nouveau dans les garages: « A SINISTRA LA MACCHINA, A SINISTRA! »

Aujourd’hui Antonio est particulièrement content car c’est jour de paye. 643 euros, primes comprises. Il nous déclare: « Tu vois quand j’aurais droit à mes 3 jours annuel de congés, je vais être le roi à Naples avec ça ». Nous le remercions pour sa gentillesse et le quittons.

(Nous devions ensuite rejoindre Marseille afin de faire la traversée sur le Pascal Paoli de l’ex SNCM en compagne de Ghjuvà, préposé aux cabines 1736 à 1739 du pont 8, qui touche 2 837 euro par mois. Mais malheureusement celui-ci nous a contacté pour nous dire qu’il était en congé « longue maladie » car souffrant du mal de mer.)

 

Par Harry Volta


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