Trois chiens de berger embauchés pour encadrer les députés En Marche.

«Il était temps, ça commençait à être un sacré bordel !» lance Nicolas, huissier à l’Assemblée nationale jusqu’à ce matin. «J’aime bien les animaux, mais si j’avais voulu faire ça, j’aurais été bosser dans une ferme ! Ce matin un coup de sabot, hier soir une morsure, sans compter ceux qui s’amusent à renverser leur abreuvoir à la buvette, les bêlements en plein milieu des questions au gouvernement… merde à la fin !»

En effet, depuis l’arrivée de plus de 300 moutons de la majorité présidentielle au Palais Bourbon, fin juin, la vie de cette vieille institution a été bouleversée. «D’abord, on a dû équiper tous les gradins de distributeurs de foin, prévoir un budget de nettoyage, parce que vous imaginez bien que tous ces «députés» n’en ont rien à foutre de l’endroit où ils font leurs besoins…» nous confie François de Rugy, président de l’Assemblée, lui-même curieusement vêtu d’une veste en peau de mouton et de sabots factices.

Il faut dire que jusqu’ici, la formation des huissiers était plutôt axée sur les vieux chacals et les vautours en fin de vie : «Personnellement, j’ai passé six mois intensifs chez un fauconnier pour apprendre à gérer le groupe PS» raconte Gérard, qui travaille ici depuis plus de trente ans, et connaît bien les risques du métier. «Vous voyez, ce doigt en moins ? Ça, c’est le jour où Jean-Vincent Placé a appris qu’il était viré du groupe EELV, et j’avais le malheur d’être juste à côté à ce moment-là…»

Bien sûr, il reste encore quelques hyènes de l’ancienne assemblée, très âgées, et deux éléphants du PS étaient encore visibles ce matin, malgré une évidente fatigue – l’un d’entre eux ayant perdu une défense lors du deuxième tour des législatives. «Vous n’imaginez pas la panique, les gens. Quand ils étaient entre prédateurs, ça allait, mais tous ces herbivores d’un coup, ça ne peut que tout faire foirer, comme disait le Grand Jaurès. Pour protéger les miens, c’est un vrai sacerdoce.» confie Jean-Luc Mélenchon, lui-même occupé à parquer les députés de son propre groupe dans un enclos, tenant à la main un grand bâton de berger.

L’arrivée de quatre border-collies sonne donc comme un soulagement pour l’institution. «Pour les nourrir, on a déjà trouvé une solution : leur distribuer les restes des croquettes du groupe LR. Vous savez, tous les Constructifs, quand ils ont voulu aller à la soupe, il a bien fallu leur trouver de la bouffe ! (rires)» rigole Edouard Philippe – qui sait de quoi il parle – en caressant d’une main le dos manifestement doux et laineux de la ministre du travail, Muriel Pénicaud.

«Regardez comme elle ferme les yeux, elle n’a pas l’air de trouver ça désagréable. Avec la petite visite chez les juges qui l’attend, j’ai envie de dire : Profite, Muriel, profite ! (rires)» ajoute le Premier Ministre, visiblement de très bonne humeur. La ménagerie parlementaire semble avoir encore de beaux jours devant elle.

 


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