Pour s’excuser, Macron offre une banane au président du Burkina-Faso

Par Ferdinand Boisson

Après avoir tutoyé en public son homologue burkinabé lors d’une conférence commune qui a rappelé au monde entier les plus belles pages de « Tintin au Congo », Emmanuel Macron a tenu dès le lendemain à se faire pardonner son attitude légèrement condescendante envers son vis-à-vis.

C’est vêtu d’un simple pagne, sur fond de musique tribale, que le président a tenu sa conférence de presse en début d’après-midi. « Moi venir en paix. Grand bwana vouloir parler avec homme noir, lui vouloir busine…amitié, pas la guerre. Lui vouloir penser printemps dans un monde qui change » a déclaré le président dans une allocution solennelle. « Si homme blanc a offensé homme noir, lui être désolé, et demander à homme noir d’accepter la banane de l’amitié ».

« Le président n’a jamais voulu être raciste ou colonialiste, il a simplement été un peu familier avec les indigènes, enfin les locaux, les renois, vous voyez bien ce que je veux dire », s’énerve en off un membre de la délégation présidentielle. « Ce procès en racisme est scandaleux : M. Macron adore le zouk ! Et vous allez voir : au Burkina Faso, la tradition de la banane de l’amitié marche à tous les coups. Ici ils sont restés très simples, vous savez… »

Malgré cette confiance de l’entourage présidentiel, l’évènement a manifestement laissé la présidence burkinabée de marbre. Le chef de l’Etat, M. Kaboré, aurait même été très vexé de recevoir, en plus d’une banane, des bijoux de mauvaise qualité, un djembé, ainsi qu’un boubou aux couleurs très « flashy ». « Ne vous inquiétez pas pour la suite des évènements : on connaît bien la fierté de ces peuplades, leur sens millénaire de l’honneur et des traditions. Tout va rentrer dans l’ordre », poursuit un proche du président.

Difficile cependant d’envisager un rétablissement rapide des relations amicales entre les deux pays à l’heure où nous écrivons ces lignes. En effet, convié cet après-midi par M. Macron pour déguster ensemble un lait de coco de la réconciliation, M. Kaboré ne s’est pas présenté au rendez-vous.

 

Par Ferdinand Boisson


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