Deux castors se blessent en construisant un barrage à leur ancien barrage.

Par Ferdinand Boisson

La catastrophe a été évitée de justesse à Argy (36) ce dimanche, où deux castors ont frôlé la mort sur le chantier du barrage qu’ils finissaient de construire. Ce barrage était lui-même destiné à faire barrage à leur ancien barrage du mois de mai. Encore sous le choc, la femme du chef de chantier, grièvement blessé – la moitié de son adorable queue plate typique arrachée dans la chute d’un arbre – a accepté de répondre à nos questions.

«Il est parti tôt ce matin, avec la ‘super pêche’, nous confie cette jeune maman de trois adorables bébés nés la semaine dernière. J’avais un mauvais pressentiment, mais je n’ai rien dit. Déjà, en avril et en mai derniers, quand il avait construit deux barrages successifs en deux semaines, je sentais que tout ça allait mal finir», poursuit l’adorable rongeur aquatique en s’essuyant les yeux, puis les moustaches, avec un ravissant mouchoir brodé.

Interrogée sur l’incohérence du chantier tenu par son époux et son beau-frère – un beau mâle de douze kilos – qui a vu se succéder trois différents barrages annulant leurs effets respectifs en moins de deux mois, la petite bête, vêtue d’un très joli tablier à carreaux et d’un bonnet en dentelle, ne cache pas son désarroi. «Bien sûr que c’est complètement con, vous imaginez que je ne lui ai pas dit ? C’était devenu une obsession chez lui. La nuit, je l’entendais parler de faire barrage au barrage du barrage pour éviter d’avoir à détruire son barrage, dans son sommeil. Il ne pensait plus qu’à ça depuis des semaines, quitte à se tuer au travail. Je n’y comprenais plus rien».

Pas rancunier, Emmanuel Macron est venu en personne réconforter les deux petites bêtes alitées. «Aujourd’hui ils me font barrage, mais sans eux, hier, je n’aurais pas été élu. Et je veux dire à tous les castors qui ont voté contre moi  aujourd’hui, alors qu’ils avaient fait barrage au FN au deuxième tour, mais aussi parfois barrage à Valls, voire barrage à Sarkozy lors des primaires, que non seulement je ne leur en veux pas, mais que je suis d’accord avec eux !» Selon une source hospitalière, l’enthousiasme présidentiel serait très en décalage avec la tonalité réelle de l’entretien, au cours duquel M. Macron aurait reçu plusieurs morsures, ainsi qu’un coup de queue rageur de l’une des deux boules de poil. Vivement les prochaines élections.

 

Par Ferdinand Boisson

 


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